Pierre Perrin, parcours d'un témoin - PORTFOLIO
La qualité de ceux qui ont appris à regarder, c'est la perspicacité, au sens premier du terme, l'aptitude à saisir la profondeur des choses derrière leur apparence.
1980 marque pour Pierre Perrin le début d'un patient apprentissage, au travers des planches contacts de ses aînés et de reportages, d'abord pour la presse régionale puis nationale : se projeter dans le sujet, entrer en résonance avec lui pour en restituer la densité émotionnelle. Correspondant l'agence Gamma puis free-lance, il couvre les événements du Pays basque, la guerre du Liban ou la Pologne de Solidarnosc. Se projetant dans l'actualité, il y saisit l'instant et y exprime sa sensibilité personnelle, perceptible dans les reportages photos qu'il propose aux grands hebdomadaires français
Témoigner, révéler, créer une histoire.
1982 Pierre Perrin sera le premier à photographier une importante base soviétique en Pologne. Un scoop publié par le Figaro Magazine et qui lui permet d'intégrer le staff de l'agence Gamma où il couvrira, en mission pour les magazines américains Time et Newsweek, les principaux conflits du Moyen-Orient (Iran, Irak, Liban) et d'Amérique latine (Salvador, Nicaragua, Guatémala, Malouines). Basé à New York, il effectue un portrait de l'Amérique des années Reagan et réalise de nombreux reportages de société au coeur du pays. Il rejoint l'agence Sygma en 1986 et y crée Witness, une structure chargée de produire des reportages magazines en profondeur et de grande qualité : portrait du Japon, derniers goulags d'URSS, Jeux olympiques.
Raconter l'homme libre dans son environnement naturel, libre mais menacé.
La décennie 90 est pour Pierre Perrin celle d'une priorité : garder la trace de peuples en voie d'extinction, dans un monde qui ne laisse plus de place qu'aux mutations accélérées. Avec l'écrivain Jean-Christophe Grangé, il réalise plusieurs reportages liés à la nature et à l'environnement, et notamment la série Nomades, témoignage sur les derniers hommes libres de la planète publé sur 60 pages par Paris Match. Persuadé de la pertinence de cette mission, Pierre Perrin s'entoure d'un petit nombre de photographes spécialisés qui partagent ses convictions et crée, en 1992, une agence de presse photo totalement autonome, Zoko Productions, dotée d'un réseau de correspondants dans le monde entier et destinée à produire et diffuser leurs reportages.
Photographier, c'est écrire avec de la lumière, témoigner en pixel.
Après s'être plongé au coeur du monde aborigène, Pierre Perrin s'immerge, depuis le début des années 2000, dans la jungle urbaine et développe des projets liés au patrimoine et à l'architecture. Ses reportages sur de grandes réalisations, en particulier dans le domaine de l'immobilier d'entreprise, témoignent là encore d'un conviction : il ne s'agit pas d'apprivoiser la matière, mais de la sublimer par une lecture instantanée, authentique, inépuisable. Il ne s'agit pas d'éterniser l'instant, mais d'en révéler l'âme, au travers de livres et d'expositions. Parallèlement au milieu urbain, Pierre Perrin poursuit son exploration de l'environnement naturel, réalisant, en partenariat avec le Conservatoire du littoral, la photographie intégrale de tout le littoral aquitain vu depuis la mer
Internationalement reconnus, les reportages photos de Pierre Perrin ont reçu les distinctions les plus prestigieuses du genre. Son reportage en Chine sur la pêche au cormoran a, ainsi, été couronné du Prix World Press, et celui sur le goulag de Perm 35, en URSS, du premier prix du festival Visa pour l'image.
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